Herbert Léonard

D'aucun pourrait croire à une sorte de frénésie malsaine, car notre Herbert est certainement celui qui est le plus présent sur ce blog, mais c'est surtout un petit cadeau que je voulais vous offrir pour le premier anniversaire de ce blog. Et un an, ça se fête en beauté ! On en a vu des Herberts télévisuels, des Herberts en duo ou des participations herbertiennes, mais là c'est du Herbert brûlant, flambloyant et même... sexuel. Tout le monde se rappelle évidemment du génialissime triangle d'or évoqué par notre alsacien chaud comme une Flamenkuche mais nous y viendrons plus tard... il y a tellement de choses à dire sur ce 45 tours...

Il faut tout d'abord regarder le verso de la pochette où l'on apprend que Herbert Léonard avait un succès fou puisqu'au delà des chansons et de sa relation coupable (musicalement parlant) avec Julien Lepers, il a fait ça:

mention HL

Incroyable, merveilleux, splendide... Les mots me manquent ! Herbert est à la musique ce qu'Alain Delon est au cinéma dans les années 80, le plus grand mais le plus mégalo aussi, il faut bien le dire. Pour le défendre un peu, rappelons qu'il n'est pas le seul à l'avoir fait puisque d'autres interprètes ont fait aussi dans le produit dérivé. On peut citer Jenifer Lopez, Madonna, Lady Gaga et les 2 Be 3 dans la production de parfums.

Il faut ensuite faire un sort à la face B qui, sous couvert d'un titre pas très clair, cache... une chanson pas très claire non plus.
L'auteur de J'lai jouée gagnante se nomme Jean-Michel Bériat. Il ne parle pas, comme on pourrait le comprendre à l'énoncé du titre, d'une course de chevaux mais d'une femme... On est classe où on ne l'est pas...
Remettons dans le contexte pour débuter. Bériat a fait une toute petite carrière de chanteur dans les années 70 mais a surtout écrit des tubes pour Corynne Charby (Boule de flipper), Dalida (Confidences sur la fréquence) et surtout le sublime Africa de Rose Laurens. Là, il a eu comme un coup de mou.
Outre la forme assez vulgaire du texte et la musique très connotée films de cul en jeans diffusés naguère le dimanche soir sur M6 et actuellement sur toutes les chaînes de la TNT vers 2h du mat, il faut souligner l'opacité de la chanson. Herbert est contraint de jouer un personnage visiblement alcoolisé, tant les sujets s'entrechoquent. Entre un plan baise, une évocation de l'enfance et cette subtile métaphore créant une analogie entre une femme au fond d'un bar et une pouliche, il y a de quoi retourner le disque.

La face A est quant à elle un bijou. L'Homme avec un grand H est en manque d'Elle avec un petit cul. Le clip illustre superbement les propos de Vline Buggy; petite dame qui, sous des couverts respectables, planque un esprit débridé comme rarement. Cette déclaration sensuelle vaut tous les romans d'amour, tous les Léonardos qui coulent devant des Kate Winslet, tous les Ne me quitte pas. Du sexe comme s'il en pleuvait, de la chaleur corporelle à n'en plus finir, une musique conquérante, voici les ingrédients pour faire fantasmer toute femme normalement constituée. Et puis le délicieux va et vient proposé par notre Herbert adoré ne peut décemment pas se refuser...

A ce propos, il faut tout de même que je vous raconte une anecdote. Quand j'étais petit, j'avais une compilation sur cassette. C'était ce qu'on appelle un cover, c'est à dire des reprises de chansons très connues par des gens qui avaient sensiblement la même voix que les artistes originaux.
Il se trouve que Quand tu m'aimes était présente sur cette cassette. L'imitateur du serial-lover volant avait certainement un problème de sinusite le jour de l'enregistrement puisqu'il ne prononçait pas "va et vient" mais baévien. J'avais sept ans (eh oui) et j'ai imaginé avec mon esprit encore pas trop perverti que le baévien était forcément un gateau puisqu'il était délicieux. Je me souviens vaguement que ma mère était un peu gênée quand je lui avais demandé c'était quoi comme gateau, un baévien... Herbert, c'est la cohésion entre les générations.

Fiche technique:

Herbert Léonard

Quand tu m'aimes / J'l'ai jouée gagnant

WEA

1987

Paroles et musique:

Face A: V. Buggy / H. Léonard
Face B: J.M. Bériat / J. Lepers

Et la chanson: Entre charme et beauté... C'était le nom d'un des albums de notre Herbert dans les années 2000, c'est aussi un beau résumé de ce clip qui se finit sur une sorte de best-of des moments les plus culs du clip... Herbert en dessinateur de BD plagie un peu mais sans fausse pudeur le clip de Take on me du groupe A-Ha et fait joujou avec une fille qui se révèle être une très mauvaise actrice... Reste une sorte de chorégraphie ubuesque quand le chantre de la galipette entonne "Je n'en peux pluuuuuuuuuuus, je paie le prix que paie le vice à la vertu" et ça c'est génial.