Jean Roucas

Jean Roucas n'est pas chanteur, loin s'en faut... Alors pourquoi un 45 tours? La cause en est une émission sur Europe 1 à la fin des années 80 et au début des années 90. Celle-ci connut une popularité tout à fait incompréhensible aujourd'hui. Je le dis sans mauvais esprit, j'ai réentendu des extraits et je ne trouve pas ça drôle du tout... Mais bon, les goûts et les couleurs... La popularité aidant, Roucas arrive à la télé d'abord sur la Cinq puis sur TF1, le samedi en fin d'après-midi si mes souvenirs d'enfant sont bons. C'est vous dire si ça fonctionne bien pour lui à cette période.

Comme beaucoup, l'heure de gloire passa et Roucas se retira dans un semi-anonymat duquel il sortit sans gloire en participant à la 1ère compagnie il y a maintenant quelques années. Il nous laisse des blagues pas toujours drôles, des imitations d'hommes politiques dans le bébête show et ce disque...
Les remixes tout pourris, nous avions déjà donné avec ce... machin pas très élégant nommé On se calme. Pour ceux qui nous rejoignent et qui ont la flemme de cliquer sur le lien, je vous rappelle le principe: On prend quelque chose de très connu, soit télé - soit radio, soit ciné - et on le transforme en une bouillie inepte à grands coups de synthés et de boîtes à rythmes.

Sur une musique vaguement située entre le rap et la dance, cette chanson - dont le titre est plagié sur un leitmotiv de Coluche - apparaît comme totalement ratée. Pourquoi? Un monteur fou a décidé de remonter les meilleures saillies de Roucas pour le faire dialoguer la plupart du temps avec lui-même mais aussi avec notre indéboulonnable Julie d'Europe 1. Cela donne un titre informe qui met vos nerfs à rude épreuve pendant trois minutes et des poussières. Le responsable de ce disque signe même la prouesse de créer un titre encore plus moche sur la face B.
En effet, Sacré maquette utilise le même principe que la face A mais sur une musique lounge, totalement décalée par rapport au flux ininterrompu d'imitations pas reconnaissables. Je mets d'ailleurs au défi toute personne tombant sur ce titre de reconnaître au moins cinq personnes dans cette chanson. Soyons clair, ce n'est pas la faute de Jean Roucas mais plutôt celle de ce monteur psychopathe qui s'est clairement emmélé les pinceaux dans le dosage des volumes. On ne comprend rien !

Comme si Jean Roucas s'en rendait compte, il précise à la fin de la chanson que ce n'est qu'une face B... Certes, mais ce n'est pas une raison.

Et là, vous vous dites: "Pourquoi s'inflige t-il ça s'il n'aime pas?" C'est évident ! Ce genre de 45 tours est typiquement un témoignage de l'époque. Comme je le disai précédemment, je n'aime pas particulièrement ce genre d'humour un peu trop vieillot pour moi, il n'empêche qu'il est amusant de se dire que ça fonctionnait terriblement bien à l'époque. L'intonation traînante, les imitations approximatives (Canteloup n'a donc rien inventé) et les personnages outrés comme Madame Grinder sont des incontournables d'un humour daté, facile et conservé encore dans des lieux obscurs comme le théâtre des deux ânes ou le grand studio RTL. Il existe une version techno de la fameuse Madame Grindert, en collaboration avec... la bande à Basile. Si c'est pas flippant, ça.

Fiche technique:

Jean Roucas

Elle est courte mais elle est bonne / Sacrée maquette

Charles Talar

1991

Paroles et musique:

J. Roucas / P. Watelet - A. Mouysset

Et la chanson:  Le titre est introuvable en vidéo... mais je reste sur le pont. Dès qu'un inconscient diffuse une quelconque bande de cette chanson, je saute dessus.