Petula Clark

Petula Clark symbolise à elle seule les années 60 et l'exportation réussie. Elle symbolise forcément l'exportation réussie puisqu'elle a réalisé une très jolie carrière en France tout en continuant à vendre avec succès en Angleterre. Elle symbolise aussi les années 60 puisque ses plus grands succès ont été publiés durant cette décennie: La gadoue (reprise trente ans plus tard par Jane Birkin), Chariot (en anglais et en français, par Petula Clark herself) ou encore une de mes préférées, peut-être un peu moins connue, La nuit n'en finit plus.
Cette succession de tubes, tout aussi justifiée que les chansons en question sont bien fichues, achèvera de donner de la popularité à notre charmante Petula.

Dans Downtown version originale de 1964 qu'on retrouve en face B, sa voix fragile, aigüe et acidulée dans les couplets se veut bien plus puissante et forte que prévue dans le refrain. Pas toujours juste (on va y revenir avec la vidéo), elle est soutenue par des choeurs mixtes, ce qui rend l'ensemble encore plus sympathique, plus cohérent. La chanson était adaptée sous le titre Dans le temps en français, toujours pas Petula Clark. Cependant, la version originale reste plus intéressante malgré l'apport donné par le charmant petit accent de Miss Clark en français.

Mais pourquoi parle t-on de la face B avant d'évoquer la face A? Parce que notre Petula Clark ou ses producteurs ont décidé de remixer ce tube.
Force est de constater que c'est plutôt sympathique: Des synthés, des rythmes bizarres, Petula Clark n'a même pas dû prendre le temps de participer à l'enregistrement. J'ai l'impression que la modulation de sa voix est un peu plus grave, ce qui sous-entendrait qu'on a ralentit légèrement la version originale. Cette version rythmique pas loin de la techno est plutôt agréable au final: Ce n'est pas une reprise d'une pouf quelconque massacrant avec beaucoup d'abnégation un classique via un logiciel qui fait qu'on ne chante pas faux (trop d'exemples en tête pour ne pas tous les citer, je ne voudrais pas faire de jaloux). Ce n'est pas non une superposition effrayante de bruitages immondes, de démos de synthés vaguement balancés au hasard sur la voix originale (Là, on peut citer Il suffit d'un ou deux excités). C'est plutôt une réorchestration un peu mécanique qui donne une impression bizarre, robotique, désincarnée; comme une Petula Clark possedée par un esprit qui la contrôlerait, l'obligerait à interpreter ça. C'est étrange, et c'est ça qui donne de l'intérêt à ce 45 tours, dont mon exemplaire est importé tout droit de chez nos amis anglais.

 

Fiche technique:

Petula Clark

Downtown 88 / Downtown (version originale)

PRT (import anglais)

1988

Paroles et musique:
T. Hatch

 

Et la chanson: Dans cette prestation à Top of the pop, Petula Clark chante sur bande-orchestre. Elle est 13ème du classement, semble fort contente de ça mais... Comment dire? C'est terrible ! Durant toute la chanson, elle est fausse, semble ne pas reprendre sa respiration. Est-ce l'émotion? En tout cas, cette effroyable participation ne doit pas écorner l'image que Petula Clark mérite: celle d'une très bonne chanteuse... qui apparemment ne sait pas dire non à un producteur.