Electric Arena

En ce jour de rentrée pour le blog, on pourrait se demander pourquoi il est question d'élections avec ce 45 tours. Alors, tout d'abord, parce que le hasard est souvent responsable de mes chroniques: je suis tombé dessus complètement à l'improviste alors que je cherchai des idées pour écrire un article. Ensuite parce que ce groupe, Electric Arena, me pose question. Mais qui sont-ils exactement? Difficile de trouver des informations sur cette formation-fantôme dont le seul disque connu semble celui-ci. Même le formidable site www.encyclopedisque.com ne trouve quasi pas trace de ce groupe. Le seul élément certain est que le tandem De Seneville / Toussaint se cache derrière. Ce sont eux les responsables de la carrière de Richard Clayderman, d'Anarchic System ou encore du duo d'instrumentistes exotiques Diégo Modena / Jean-Philippe Audin qui interprétaient Song of Ocarina, plagiat même pas caché d'A toutes les filles d'un autre duo maléfique, Félix Gray et Didier Barbelivien.
Pour cette face A, il faut y ajouter Yves Dessca qui a collaboré à pas mal de faces B pour Marcel Amont, Claude François ou Nicole Croisille mais qui a aussi écrit le flamboyant Amoureux de ma femme pour Richard Anthony.

La danse des élections vaut pas mal de chansons à boire puisque et c'en est une, c'est évident; Tout y est: le rythme, la voix sans relief de l'interprète, l'ambiance globale. Toutefois, celle-ci demeure originale: la guitare électrique alterne avec un intermède country (?) et une musique qui ressemble terriblement à un indicatif de spot politique. Ca donne un effet de strates plus ou moins bien géré. En effet, à la fin du titre, on sent bien que l'ensemble est bel et bien monté n'importe comment. Côté paroles, la démagogie affleure comme jamais: outre les magnifiques rimes en -tion (élections, législation, institution), le refrain plonge sans vergogne dans un poujadisme effroyable qui n'épargne ni les partis, ni le débat et encore moins l'intégrité des hommes politiques qui sont donc dépeints comme des opportunistes entêtés qui ne se présentent aux élections que pour le fric. Oserai-je penser qu'ils ne sont pas tous comme ça? En tout cas, Electric Arena entonne le fameux Tous pourris avec une grande jubilation.

La face B propose Winter regal, un slow seventies qui a la particularité de proposer un instrumental à la guitare, quelques choeurs suivent. Le morceau est joli, mélancolique et particulièrement passe-partout. Avec des paroles, la chanson aurait certainement pu faire un petit succès. On imagine le prototype du chanteur poisl au vent aux abords de sa poitrine offerte grâce à une chemise ingénieusement ouverte... Néanmoins, chantée ou pas chantée, ce titre un peu faible ne mérite qu'une face B.

 

Fiche technique:

Electric Arena

La danse des élections / Winter regal

AZ

1974

Paroles et musique:
Face A: O. Toussaint / P. De Senneville / Y. Dessca
Face B: O. Toussaint / P. De Senneville

 

Et la chanson: Reprise dans la charmante émission Do you do you scopitone, diffusée naguère sur Paris-Première, le clip un peu mutilé montre un playback fauché avec juste le chanteur d'orchestre, deux danseurs sur une petite scène et, par voie de conséquence, une chorégraphie fort minimaliste.