Santa Barbara

Joie ! Bonheur ! Extase ! Plongeon dans l'enfance télévisuelle ! Santa Barbara fut l'une des grandes histoires d'amour des amateurs de soap au milieu des années 80, avec Les feux de l'amour, Amour, gloire et beauté ou Côte ouest. Rappelez-vous les Lockridge et les Capwell, les détestations communes des personnages , allant des principaux aux autres, tout à fait secondaires.
Que dire des changements d'acteurs en cours de production, ce qui nous vaudra de passer d'un Channing Capwell tout vieux et pas loin de claquer à un acteur au physique vigoureux de bûcheron canadien en la personne de Jed Allan.

Toutefois, Santa Barbara à la particularité d'avoir fait beaucoup de frustrés puisque pas moins d'un millier d'épisodes n'a jamais été diffusé en France après l'arrêt de la série sur TF1 et ce, malgré les diffusions très sporadiques de TMC et de TF6.
Ils ne seront malheureusement jamais diffusés sauf si une boîte de doublage a la bonne idée d'en donner une version française. Eden, Cruz, Kelly, Ted et Mason ne sont pas prêts de revenir.

Concernant le disque, on se doit de noter que la chanson proposée en face A n'a aucune ressemblance - en tout cas au début - avec le mythique générique. L'intro est très connotée films de boules soft et puis, subitement, l'Artiste arrive. Il s'appelle Gilles Sinclair, ne semble être connu que pour son interprétation très subtile de ce sublime générique. On peut imaginer que notre chanteur de studio ne pouvait se contenter du célèbre refrain, il lui fallut donc des couplets. On fit alors appel à Jean Peigné, très actif dans les années 60, et à Gilles Précourt, très actif... sur ce disque puisqu'aucune trace d'une éventuelle collaboration à une autre oeuvre n'apparaît où que ce soit.
Ce curieux attelage, un vétéran et un auteur inexpérimenté, s'occupèrent alors de couplets vraissemblablement troussés vite fait et évoquant une histoire d'amour qui se finit dans une maison sur la plage. Ce texte est d'une banalité à pleurer mais ne peut éclipser l'incroyable refrain feuilletonant dont les fenêtres imbriquées dans sa version télévisuelle permet, à son évocation, d'écraser une larme farouche au coin de l'oeil du plus dur des zappeurs des années Mitterrand.

En face B, nous trouvons une chanson floue, moitié française, moitié anglaise, et dont l'intérêt est très limité. Cette chanson d'amour de remplissage est loin d'être insupportable mais pas assez forte pour faire un tube. Gilles Sinclair, sa veste trop large, son brushing géant et cette créole à l'oreille gauche qui ressemble à celle que ma mère a perdu en juin 1986 pendant la kermesse de l'école, sont repartis vers le néant musical après nous avoir émerveillé sauvagement une population éblouie, avec ce disque fou.

 

Fiche technique:

Gilles Sinclair

Santa Barbara / Je me sens des ailes

Carrere

1987

Paroles et musique (VF):

Face A: J. Peigné / G. Précourt
Face B: J. Peigné

 

Et la chanson: La première vidéo propose la version du 45 tours et la deuxième, la version proposée pour le générique de la série.