Thierry Hazard

Mon amour incommensurable, irrésolu, illogique pesque pour Thierry Hazard apparaît ça et là dans le blog des 45 tours. Je n'y peux rien, c'est plus fort que moi. Serait-ce sa coupe mulet hors-du-temps, son côté nonchalant, son attitude décontractée ? Je ne sais... Peut-être sa voix chaude et proche de Jean-Jacques Goldman, sa capacité à s'inspirer des grands sans jamais les copier vraiment ou le second degré affleurant volontiers de ses textes... Non, vraiment, je ne pourrais dire... C'est certainement un peu de tout ça. Secrètement, et je ne rigole pas, je rêve toujours de le rencontrer... J'en rêve depuis que j'ai 9 ans, c'est vous dire.

La poupée psychédélique est le deuxième extrait de Pop music mais en fait, c'est un titre un peu plus vieux puisqu'il est sorti une première fois, sans grand succès en 1988. Une deuxième vie est donc offerte à ce génial titre délicieusement démodé dont l'univers est tout de suite reconnaissable: le petit bruit de mécanisme qu'on remonte, passant de l'oreille droite à l'oreille gauche, les cris mutins de la poupée en question ou tout simplement le rythme entraînant de l'ensemble donne à ce titre un côté cartoonesque que l'on retrouve dans le clip. Du côté des paroles, on retrouve une construction très organisée: le champ lexical du corps ou du vêtement d'un côté se marie systématiquement à des adjectifs en -ible ou en -able. Digne héritier de Polnareff, de Nino Ferrer ou de Dutronc, les influences de Thierry Hazard sont au rendez-vous avec beaucoup d'astuce et de finesse dans ce titre qui surfa avec brio sur le succès du Jerk.

La face B est au delà de l'intéressant: Back to the sixties commence sur un copier-coller du fameux Whiter shade of pale des Procol Harum puis se prolonge sur un air résolument plus rythmé. Bien que très formaté, synthétique et ressemblant fort à ce que pouvait faire AB productions à l'époque, l'instrumental reste efficace. Les paroles font référence à Mai 68, aux beatnicks (comme dans Où sont passés les beatnicks ou Rendez-vous à Katmandou), à Woodstock, à Orange mécanique, à Dutronc, Roger Lanzac, Petula Clark, Michel Polac (toutes les rimes en -ac quoi...) mais le plus intéressant est ailleurs... Comme la face A consistait à l'exhumation d'un titre un peu plus vieux, la face B réapparait un peu plus tard sur un autre disque. En effet, on retrouve cette même composition avec des paroles toutefois différentes sur le deuxième et malheureusement dernier album en date de Thierry, sous le titre Les années popLes paroles diffèrent quelques peu mais on retrouve peu ou prou le même esprit et carrément les mêmes couplets quelquefois. Ce titre est un brouillon plutôt réussi mais celui-ci n'apparaîtra sur aucun album de Thierry, même pas sur le vague Best of sorti il y a une dizaine d'années chez Sony.

Un dernier cadeau: comme je suis vraiment fan, je googlise Thierry une fois de temps en temps et là, ô joie, ô extase, ô bonheur absolu, j'ai trouvé un blog évoquant Thierry, en préparant cette chronique. En cliquant , vous pourrez lire une petite bio mais vous pourrez surtout voir ce qui semble être la photo de Thierry Hazard aujourd'hui... Il faut bien le dire, si c'est lui, il est toujours aussi beau.

Allez, j'ai piqué la photo sur le blog... mais ça vaut la peine de le lire tout de même (si le propriétaire me demande de la retirer, bien sûr que je m'exécuterai sans discuter):

 

Thierry Hazard aujourd'hui

Fiche technique:

Thierry Hazard

Poupée psychédélique / Back in the sixties

Columbia

1990

Paroles et musique:
T. Hazard

 

Et la chanson: Mais qu'il est beau, qu'il a du talent, que je pourrais le regarder et l'écouter toute la journée sans me lasser... Le clip est bien foutu et Thierry habillé comme Gérard Rinaldi à l'époque des Charlots, c'est carrément sexy.