Diane Tell

Cette pochette est celle de l'album issu de cette comédie musicale, mise en scène par Jérôme Savary et composée par Luc Plamandon et Michel Berger. Bizarrement, ce premier single ne grimpa pas très haut au Top 50 mais la chanson est encore l'une des plus connues du répertoire de Diane Tell. Une photo de la chanteuse apparaît au verso de la pochette du 45 tours. Tout était réuni pour une vraie réussite: une affiche pas mal, des personnalités douées et des interprètes reconnus et de qualité (outre Diane Tell, on retrouve dans la distribution Renaud Handson, Nanette Workman et Tom Novembre), le spectre de Starmania plane encore grâce à la version de 1988. Bref, ce sont les ingrédients d'une recette qui n'aura décidément pas pris.
D'aucun diront que la guerre du golfe ne serait pas étrangère à la frilosité des spectateurs, d'autres disent que la comédie musicale connut de grandes difficultés au moment des répétitions. Une deuxième vie fut offerte outre-Atlantique à La légende de Jimmy du côté de Montréal mais en France, le seule titre qui marqua les esprits fut celui-ci.

Sur la face B, on retrouve paresseusement un instrumental mettant encore plus en avant le côté synthétique de cette composition, malgré l'extrème qualité du travail de Michel Berger. Serait-ce une stratégie commerciale de ne présenter qu'une face B instrumentale plutôt que de proposer une autre chanson extraite d'une spectacle? Nul ne le sait. Toujours est-il que cette face n'est pas particulièrement excitante.

La chanson-titre est toutefois sublimée par la jolie voix de Diane Tell, quoiqu'un peu éteinte par rapport à d'autres prestations (comme Faire à nouveau connaissance ou évidemment Si j'étais un homme). Les paroles se répètent, changent d'ordre pour en revenir systématiquement au titre. La technique d'écriture est la même que sur Les uns contre les autres (dont la version anglaise est évoquée ici), quoique légèrement inversée: On dort les uns contre les autres / On vit les uns avec les autres.  La légende de Jimmy, quant à elle, donne ceci:Je l'aimerai à travers toi / Je t'aimerai à travers lui.

Du côté de la musique, des similitudes sont à repérer car l'instrumental cherche à suivre la même idée que les paroles dans une espèce de boucle agréable. France Gall la réinterprète dans une version très décevante en 1996, Diane Tell en a livré d'autres versions en deça de l'original. Elles ont toutes fait la même erreur: celle de changer l'arrangement de Michel Berger et d'en faire une pâle imitation. Alors, peut-être est-elle synthétique comme je le disai plus haut, mais elle reste la plus efficace.

 

Fiche technique:

Diane Tell

La légende de Jimmy / Instrumental

Apache

1990

Paroles et musique:
L. Plamandon / M. Berger


Et la chanson: En playback orchestre sur un plateau de télé non identifié, Diane Tell se fait tripoter par un Renaud Hantson choucrouté. A noter la présence de couples qui s'emballent autour d'eux... D'ailleurs, l'un d'entre eux semble vouloir passer le cap des préléminaires avant la fin de la chanson.