Slide

Il faut, pour ce disque, bien faire attention. Tous les éléments écrits (ou presque) sur cette pochette sont à expliquer. Laissons évidemment de côté la maison de disques produisant à l'époque Karen Cheryl, et intéressons-nous au magnifique sticker en forme de coeur qu'on a déjà vu chez Nestor, lui aussi labellisé Ibach.
Il faut préciser ici que le sticker est un peu mensonger: point de disco véritablement sur la face A. La chanson haussille entre le charleston, Don't let me be misunderstood et une samba bien fatiguée et on remarque d'entrée de jeu une boîte à rythme mal reglée. On peut ajouter au dossier une voix androgyne, type Amanda Lear post-opératoire, des choeurs masculins particulièrement hors-sujets et des ponts musicaux multiples, pour le coup bien fichus, et on obtient une version vaguement ressemblante du classique espagnol, qu'on a connu dans des versions bien moins crispantes par Bing Crosby ou Arielle Dombasle.

Si on se penche sur "Version originale Rod Mc Kuen", on découvre que ce monsieur serait peut-être bien l'instigateur de cette chanson étrange... mais ce n'est pas si clair. Si je comprends bien, le fameux Rod aurait monté ce groupe au nom bizarre pour faire cette chanson boîteuse. En tout cas, si on regarde la vidéo ci-dessous, on se rencontre que c'est bel et bien sa voix qui est apposé sur la face A et que, Slide... easy in serait donc un concept donnant d'ailleurs son nom à une  autre chanson vachement plus efficace, sur un rythme disco entrainant et des essouflements rauques.
Néanmoins, sur ce disque, cet attelage étrange n'est pas forcément désagréable à écouter mais est terriblement daté, répétitif, presque inquiétant. Heureusement, la face B sauve l'ensemble.

Plus groovy, plus soul dans son intro, Forever young tire rapidement sur le morceau disco chaud et efficace, comme on les aime. Le titre rappelle le génial Hustle de Van Mc Coy. La voix est clairement féminine cate fois, et même un peu dans les mêmes intonations qu'ABBA à certains moments. C'est véritablement une bonne chanson qui aurait certainement pu connaître son petit sucès à l'époque, se celle-ci n'avait pas été reléguée bêtement en face B au profit d'une version transsexuelle et quelque peu grotesque d'Amor, amor.

 

Fiche technique:

Slide... Easy in

Amor, Amor / Forever young

Ibach

1977

Paroles et musique:
Face A: Skylar / Mendez / Ruiz
Face B: Holdridge / Mc Kuen

Et la chanson: Où Rod Mc Kuen se promène dans New-York en faisant un playback fatigué pour l'émission Top of the Pop.