Dorothée

A quelques jours de Noël, au jour même de l'hiver et de son cortège de frimas, de brouillards et d'amas de neige, cette pochette suggère un petit air printanier. Le figuré est toutefois un peu flippant, à bien y regarder: certes, on retrouve le joyeux village des schtroumpfs, avec ses habitants segmentants (le lunetteux, le grognon, la femelle (quoi? ce ne sont pas des animaux?), le gay (Quoi? C'est pas ma faute s'ils ont un peu trop chargé le schtroumpf coquet niveau personnalité... Dans la BD, il fait tout de même folle tordue...) ou le guignol, tout le monde y est... Mais pourquoi? Pourquoi? POURQUOI avoir mis Dorothée et son sourire carnassier derrière le chateau de Gargamel avec Azrael, de sorte que la présence de la chanteuse pour enfants donne l'impression qu'elle remplace le méchant sorcier?

Ce 45 tours tout droit sorti de la franchise des petits bonhommes bleus s'ouvre sur Schtroumpf La La, échange dialogué entre Dorothée et les-dits Schtroumpfs. C'est pour ainsi dire l'éloge du bonheur qui est proposé ici. La voix ensoleillée et souriante de la chanteuse promet la joie; les choeurs nasillards de nos camarades cyans (et pas chiants) nous entraînent vers des sommets de félicité. Seul le pont qui consiste en l'arrivée de ce salopard de Gargamel atténue l'allégresse de tout le monde. Heureusement, tout se finit bien et il ne reste qu'à tourner le disque.

C'est en fait la face B qui m'a donné envie de faire cette chronique. C'est en rentrant du boulot la semaine dernière que je suis tombé sur TV Melody (j'ai déjà évoqué mon amour pour cette chaîne ici) où était rediffusé Les rendez-vous du dimanche dont l'invité principal était Henri Salvador. Celui-ci interpréta Juanita Banana, dont le refrain est intégralement repompé sur Rigoletto.
Il se trouve que dans Le schtroumpf farceur, on entend le même repompage classique lorsque le sujet éponyme se met à rire. La structure de la chanson laisse à penser que c'est Salvador et non Verdi qui est victime du plagiat: Dorothée raconte les facéties de notre nabot teinté canard (et pas connard bien entendu...) jusqu'à ce rire hystérique ponctuant la fin de chaque anecdote. Ces hurlements (on ne peut plus à proprement parler de rires ensuite) tirent sur l'orgasmique vers la fin de la chanson. Ca finit en effet en éclat de rire général, complet, irreversible dans une sorte de joyeux bordel à la Poulailler song. Les rires deviennent mêmes flippants, style film d'horreur avec des zombies, voire angoissants quand les rires ressemblent à des pleurs.

 

Fiche technique:

Dorothée

Schtroumpf La La / Le schtroumpf farceur

AB

1984

Paroles et musique:
Face A: H.S. Curtin / J. Hanna / B. Hanna / Y. Delporte
Face B: G. Berhle / Ferne / J.F. Porry

Et la chanson: Playback total de Dorothée dont la prestation est entrecoupée d'extraits de la série animée et d'interventions tout à fait inutiles de l'inaltérable Jacky.

 

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