M

Avant -M-, il y eut M. En fait, derrière cette treizième lettre de l'alphabet, se cache cette fois un groupe britannique dont le seul tube outre-Manche fut celui-ci. La chanson est sorti en 1979 et fut rééditée avec un petit succès dix ans plus loin. Pourtant, sur la première édition, la chanson ne se classa pas dans les dix premiers hexagonaux, à l'opposé de nos voisins suisses, belges ou italiens. Ce petit succès en France, presque décevant vu le potentiel de cette chanson, me surprend car cette chanson est juste magique.

La chanson débute sur des grandes orgues s'effaçant rapidement pour un rythme saccadé, enlevé, débauché ! Les choeurs pops et imperturbables de filles libérées accompagnent rapidement la boîte à rythme avant que le solliste n'intervienne. Nous avons affaire à une voix de mac rabatteur modulé par un porte-voix. Cette voix sèche et canardeuse à la Video killed the radio star, ne chante pas vraiment, ne parle pas vraiment non plus. il transmet une joie de vivre communicative, ça c'est certain. Sur le découpage, cette chanson a inspiré Love shack des B 52's et s'est carrément fait plagier par Ray Parker Jr pour le générique de Ghostbusters.

Le M factor de la face B est plus rock, une sorte de Great balls on fire qui aurait rencontré des Sex Pistols édulcorés. Les choeurs disparaissent au profit d'un instrumental classe aux rebondissements multiples. La voix du chanteur est doublée, dédoublée, le titre est succint, précis, réussi.

Le groupe M, c'est Plastic Bertrand plus audacieux, plus mélodique, moins brouillon. Dommage que ce titre n'ait pas pu transformer l'essai pour une carrière internationale sur la durée.

 

Fiche technique:

M

Pop Music / M factor

EMI

1979

Paroles et musique:
R. Scott

Et la chanson: Dans un playback remarquablement maîtrisé (j'ai du mal à croire que ce soit du live), le groupe M se transforme en formation paramilitaire, délicieusement décalée. Dans d'autres prestations télé, la fille qui fait les choeurs est déguisée en hôtesse de l'air.