Chantal Goya

Devenu une sorte d'hymne écolo ainsi qu'une source inépuisable de parodies, ce titre buccolique débute logiquement avec un petit coup de cor de chasse réapparaissant fréquemment durant les trois minutes de la chanson. Aux crédits, on retrouve l'éternel tandem de Goya, à savoir Roger Dumas et Jean-Jacques Debout.
Cette chanson tout à fait innocente, racontant l'histoire invraissemblable d'un léporidé tueur. Ce serait de la légitime défense, à ce qu'il paraît... Et puis, Chantal finit par relativiser: après tout, ce n'est qu'une chanson et puis, ce n'est pas vraiment la vérité... Trente-six ans plus tard, le titre revient dans l'actualité après les performances Charlesbronsoniennes de deux bijoutiers attaqués. Comme mon blog n'est en aucun cas le café du commerce du coin, je ne rentrerai pas dans ce débat de société. N'empêche, on peut retrouver une page Facebook parodique intitulée "Soutien au lapin qui a tué un chasseur" qui se compose de jolies photos de lapinous dans des situations marrantes, ce qui permet, comme je le fais d'ailleurs, de contourner habilement le débat.

D'ailleurs, puisqu'on parle de photos de lapins et que ça fait longtemps que je n'en parlai plus, penchons-nous un instant sur la pochette très sobre de ce 45 tours. Nous y voyons Chantal tout sourire qui tient dans ses bras un lapin au bord de la myxomatose, à moins que le lapin ne soit un alien... Mais peu importe pour Chantal et son sourire de candidate à la députation. Devant son palmier, elle défend deux titres, dont une face B trompeuse...

Il ne faut pas confondre ABCD avec L'alphabet en chantant, présent en face B de Félix le chat en 1985 et qui fut un outil pédagogique puissant pour tous les profs de maternelle dans les années 80. Le titre qui nous intéresse impose une Chantal institutrice et rappelle Adieu les jolis foulards, mais à l'envers. En fait, ce que raconte la chanson est une façon de faire, pour nous les profs, la fameuse prise de contact avec les élèves. Le titre comprend des références à La Fontaine, à Verlaine et aux rois de France, se charge d'un peu de mélancolie, de pas mal de nostalgie mais s'oublie assez vite, faute d'un air efficace.

Il reste surtout la face A. Toutefois, j'aimerai comprendre l'explosion nucléaire à la fin du lapin. En effet, on entend un gros boum qui ne ressemble pas à un coup de fusil. Une mine anti-personnelle? Voilà une drôle de manière de chasser.

 

Fiche technique:

Chantal Goya

Un lapin / ABCD

RCA

1977

Paroles et musique:
Face A: R. Dumas / J.J. Debout
Face B: J.J. Debout


Et la chanson: Cinq Chantals pour le prix d'une... mais les quatre surnuméraires se font buter par le lapin... Prestation playback involontairement trash... On se demande d'ailleurs jusqu'à la fin si le monstrueux lapin armé va descendre la vraie Chantal.