Les rondelettes

Les parodies ont quelquefois du succès. On se souvient évidemment du fantastique Patrick Topaloff qui entonnait Où est ma chemise grise avec Sim, on se rappelle aussi du Festival Roblès ou de Michael Youn qui ne faisaient pas toujours dans la dentelle, mais ici, avec nos deux Rondelettes, le clin d'oeil très appuyé à Barbelivien et Gray n'a pas fonctionné. Pourquoi? Revenons en arrière.

Beaucoup pensent qu'A toutes les filles est un plagiat de Song of ocarina des duettistes Jean-Philippe Audin et Diego Modena, à moins que ce soit le contraire. A toutes les filles semblerait aussi se rapprocher d'un titre de Julio Iglesias (présent ici sur le blog) ou de Santana. Laissons clairement et définitivement ce débat de côté. En effet, c'est tellement facile de taper sur Barbelivien et son travail alors qu'on peut le faire bien plus aisément sur les Rondelettes.
A tous les mecs n'est pas seulement un exercice d'inversion basique, c'est aussi de mauvais goût: deux filles très grosses s'assument et se vautrent dans leur condition. Aucun problème là-dessus, c'est génial de s'accepter, je n'ai aucune objection. En revanche, l'histoire racontée - celle de deux gonzesses qui reviennent sur leurs histoires d'amour mais qui expliquent qu'elles n'étaient que prétexte à bouffer comme des gorets - se rapproche du syndrome de la femme à barbe: faire d'une souffrance un truc spectaculaire ou drôle. Si on ajoute la participation masculine anonyme en fin de refrain qui dit "Leur taille, fallait en faire le tour", ça vous donne une idée du niveau de classe.

"C'est de l'humour, y a pas à réfléchir" me direz-vous. "Certes, oui et en plus c'est drôle" vous répondrai-je mais le moins que l'on puisse dire c'est que l'élégance et la légèreté n'est pas au rendez-vous. Nos amis belges (L'adresse du tourneur apparaît au verso de la pochette et ,à l'origine, un autocollant indiquait la maison de disques correspondante en Belgique) auraient pu faire plus subtil. Je ne serai pas malhonnête, elles ont de jolies voix surtout la deuxième qui a des intonations à la Patricia Kaas. De plus, j'ai réécouté le disque pour préparer ma chronique et je me suis surpris à chanter... Mais j'avais dix ans à l'époque donc j'ai des excuses... Ou alors, je deviens vieux et sérieux.

La face B est un remplissage instrumental intitulé sobrement Rondelettes party. Entre La danse des canards et une sorte d'indicatif années 80 pour chaîne télé en panne, le morceau est mignon tout plein et je ne peux même pas dire que ce soit oubliable. Plus de vingt ans après, en mettant le disque, je me souvenai encore de l'air.
Ne soyons pas malhonnêtes, la face B veut tout de même nous dire: "En fait, on voulait surfer sur le succès d'A toutes les filles alors on aurait aussi bien pu mettre la grand-mère du producteur qui lit un S.A.S., on s'en foutait; nous, ce qu'on voulait, c'est le sortir."

 

Fiche technique:

Les Rondelettes

A tous les mecs / Rondelettes party

BMG

1990

Paroles et musique:
Face A: F. Gray / D. Barbelivien (les responsables de la parodie ne se sont pas dénoncés)
Face B: Baldo / J. Fostier


Et la chanson: Dans une émission belge produite par l'un des compositeurs de la face B, Les Rondelettes réalisent une prestation en playback total mal maîtrisé (plusieurs fois, elles loupent le départ) et miment leur chanson.