Bachelet

Voilà le genre de photo qui parle à toute une génération, celle des années 70... mais aussi à celle d'avant, à celle d'après. Sylvia Kristel, lassive, seins nus, son collier de perles, son mythique fauteuil en osier, ça s'est de l'affiche ! ça c'est de l'évocation ! Avant de laisser sa place à Francis Lai pour le 2, Serge Gainsbourg pour le 3 et Michel Magne (le compositeur des Tontons flingueurs) pour le 4, de revenir pour le 5, Pierre Bachelet réalise ici une composition splendide.

Incroyable, formidable de pouvoir faire une chanson mignonette, une petite bluette romantique sur un film érotique qui a décomplexé un nombre colossal de messieurs proprets et qui a permis à des hordes d'ados en éruption de se pogner en toute décontraction devant l'inoubliable actrice néerlandaise et son mobilier Roche-Bobois. La musique est simple, dépouillée, légère et elle reste en tête... Tout comme Emmanuelle.
Les paroles sont bien trouvées, le contenu se marie fort bien avec la jolie voix de Bachelet, si douce et si enveloppante. Emmanuelle n'est plus une femme, c'est une belle musique; son corps est un instrument, toute sa personne est une oeuvre d'art.

La face B commence par une réorchestration de l'instrumental de la face A, un peu en Charleston lent. On se dit que c'est cool mais sans plus. Au bout de deux boucles, une musique merveilleuse arrive, un thème qui est objectivement un des plus beaux que j'aie entendu. A la fois bouleversante, sensible et élégante, cette musique (cette musique... comme disait Bachelet dans l'Atlantiquepart dans une boucle infinie qui se termine au ralenti, comme une boîte à musique qu'on arrête.

 

Fiche technique:

Pierre Bachelet

Emmanuelle / Emmanuelle in Thailand

Barclay

1974

Paroles et musique:
P. Bachelet / H. Roy

 

Et la chanson: Comme le face A, si belle soit-elle, est archi connue et comme la face B est totalement introuvable que ce soit en mp3 ou en vidéo, je m'y suis collé et j'ai réalisé l'encodage (mon premier sur mon blog, c'est émouvant) de cette sublime musique. Je vous ai laissé les craquements au début. pour le coup, le plaisir est intégral.