Daniel Balavoine

Les pochettes des 45 tours de Daniel Balavoine sont toujours bien posées: Il plante un drapeau sur Me laisse pas m'en aller en 1979, sert de cible vivante sur Vendeurs de larmes en 1982, et déjeune dans une humble cabane, pieds nus et entouré de deux femmes sur Pour la femme veuve qui s'éveille en 1983.  Ici, il est pris dans un phare et cherche à se cacher avec son blouson, comme s'il était poursuivi par la police. Et c'est vrai que le point commun des deux chansons est la justice. Pour la face A, c'est évidemment très clair; pour la face B, nous allons y revenir.

Parmi les grands succès de Daniel Balavoine, je ne peux pas dire que celui-ci soit mon préféré. Mon fils, ma bataille serait né de la situation d'un ami du chanteur. Le titre sort à la même période que le film Kramer contre Kramer avec Dustin Hoffman et raconte un procès où l'on se dispute la garde d'un petit garçon. Le narrateur, montre qu'il est un bon père, qu'il ne veut pas voir son fils partir loin et que son ex est de mauvaise foi.
Si la thématique et l'angle sont originaux pour la période, le texte ne me semble pas être le plus fort de la carrière de Balavoine qui est pourtant l'un de mes artistes préférés. Les états d'âme du papa apporte un nouveau regard sur cette situation assez nouvelle, en application depuis les simplifications apportées à la procédure de divorce par Valéry Giscard D'Estaing. Pas sûr que les féministes soient tout à fait d'accord avec cette vision tout à fait subjective de la garde d'enfants... Mais en même temps, n'utilisent t-elles pas les mêmes ficelles dans leurs réquisitoires? Non? Bon.

Le 45 tours porté par cette seule chanson se vendra à plus de 500000 exemplaires. Pourtant, quand on retourne le disque, on découvre un vrai bijou.

Détournement fut écrite pendant que Daniel Balavoine jouait Johnny Rockfort dans Starmania. C'est lui qui le dit sur l'album Olympia 81La thématique abordée est parallèle, l'ambiance est cousine. L'histoire est celle d'un garçon qui braque un pilote de ligne, il cherche à détourner un avion (d'où le titre) mais ne sait pas du tout où il veut aller, il veutjuste se retrouver dans un endroit plus sympathique. Le pilote va alors chercher à le persuader de ne pas continuer, que ça ne sert à rien. La conclusion très noire de cette chanson rappelle que la société est bel et bien égoïste. Sur un rythme nerveux, Balavoine joue le rôle du terroriste avec un maximum de lucidité et de justesse, avec tout ce qu'il faut de persuasion. Il montre ici qu'il est un brillant interprète dont le talent ne se lit pas que sur les énormes tubes, loin s'en faut, mais aussi sur les chansons plus confidentielles mais pas moins impactantes.

 

Fiche technique:

Daniel Balavoine

Mon fils ma bataille / Détournement

Barclay

1980

Paroles et musique:
D. Balavoine

Et la chanson: Dans un scénario type Maritie et Gilbert Carpentier, la chanson est introduite par un dialogue entre Balavoine et Michel Berger qui, comme il le dit, "va sortir le gosse", s'en suit un long play-back sur une plage normande, filmée de loin, avec le gosse en question, qui s'en fout un peu.