Bellemare

Bienvenue, bienvenue à tous ces "artistes" qui se sont dit "Tiens, je n'ai aucun talent de chanteur, je n'ai pas le sens du rythme mais je connais des gens qui connaissent des gens qui sont dans la musique, alors pourquoi pas?". Vous êtes nombreux à avoir un rapport que très vague avec la chanson et pourtant, pour notre plus grand bonheur, vous tentez le coup.
Le réseau belge de Bellemare s'est mis en place et dès lors, l'impérissable animateur du Télé shopping a pondu ceci. Aux paroles, on retrouve Jacques Lanzmann, qu'on a connu en meilleure forme quand il était parolier de Jacques Dutronc ou même des Charlots puisque Cet été c'était toi c'était lui, et à la musique Guy Lukowski, qui n'a jamais écrit écrit pour quelqu'un de connu sauf... Pierre Bellemare, sont responsables de cet OVNI.

En face A, on retrouve Le père, texte parlé bien plus que chanté. La musique un peu tristouille ressemble à ce que faisait Francis Lai pour les indicatifs de FR3 dans les années 80.
Elle devient carrément déprimante quand on entend à la fin de chaque couplet Bellemare qui fredonne en fond. Ca pourrait être second degré, comme s'il donnait l'impression d'être sous la douche, mais là c'est à fendre le coeur. Les paroles retracent dans un premier temps une version idyllique de ce qu'est la relation père / fils avec les stéréotypes infames qu'on entend partout, qu'on voit dans les productions Disney dès qu'il y a un mec qui fait un gosse, qu'on retrouvait aussi chez Daniel Guichard avec infiniment plus de pudeur et de classe.
Cela devient encore plus malsain quand pépé Bellemare annonce qu'en fait le fils ne revient que quand il en a besoin. C'est schématiser une relation bien plus compliquée que ça, c'est viser un public de croulants réactionnaires, ce n'est pas passionnant donc.

Le titre de la face B peut laisser songeur. Marchant... de sable. Pierre Bellemare parle toujours, Lanzmann écrit toujours, Lukowski compose toujours et la chanson se révèle un poil plus intéressante que la chanson précédente. C'est la dimension étrange de ce texte qui disserte sur ce qu'est le désert. Ca ressemble à du Jacques Prévert et ce n'est pas passionnant, pour être franc. C'est la construction qui est intéressante parce que, pour les paroles, c'est d'une platitude: "L'envie de la vie est le vrai désir de la vie." Vous voyez le genre?
La musique est une boucle western, pas excitante, comme ce disque.

 

Fiche technique:

Pierre Bellemare

Le père / Marchant... de sable

RKM

1982

Paroles et musique:
J. Lanzmann / G. Lukowski

Et la chanson: Pierre Bellemare vient réciter sa poésie pour la nouvelle année sur le plateau de Champs-Elysées en 1983. A noter l'apparition christique de Madame de Fontenay dans le public, à la fin de cette merveilleuse prestation en playback orchestre.