Laurent Voulzy

 

Ce disque pue. Non, ce n'est pas pour être méchant ou pour parler de l'éventuelle et discutable qualité de la chanson. C'est vrai, ce disque pue. Il fait parti d'un lot que je viens de m'offrir et il sent le très vieux grenier. On se doute rien qu'à l'odeur qu'il a stagné longtemps au fin fond d'un triste débarras où son propriétaire l'a extrait pour me l'envoyer. C'est insoutenable. Là, il tourne, et je le sens d'où je suis. Pourtant, elle est attirante cette pochette où l'on voit le chanteur visiblement en pleine action sur scène, toujours aussi mignon avec ses petites lunettes, ses cheveux frisés et son collier. On a envie de lui faire des calins, surtout parce qu'on imagine qu'il ne sent pas pareil que son disque... Mais laissons ces désagréments olfactifs de côté et penchons-nous sur la chanson.

Paris-Strasbourg a des airs de Rock-Collectionen encore plus sympa. On reconnaît la patte inimitable de Souchon: des paroles à la limite de l'ésotérique, des thématiques proches de ce qu'il fait fréquemment, un regard acéré sur la société qui l'entoure. Bref, un bon cru de ce tandem magique. Musicalement, c'est simple et pourtant, comme pour toutes les productions de Voulzy, on sent qu'il y a du travail derrière. Au vu du résultat, c'est surprenant que cette chanson soit passée totalement au travers. Sur le site de mes collègues de www.bide-et-musique.com - que je chéris profondément et ce, depuis la naissance du site en 2001 - explique que le 45 tours est sorti entre Rock collection et le coeur grenadine, et qu'il subit désormais un purgatoire peu mérité puisqu'il n'apparait nul part: pas de compils, pas d'albums studios, rien. La honte, quoi !

La face B est la partie 2 de la chanson: malgré un court passage avec des paroles à l'envers au début, le morceau est presque exclusivement composé d'un instrumental qui se prolonge gentiment et agréablement, comme si Laurent Voulzy avait souhaité une fin de chanson musicalement riche et qu'il n'avait pas eu la place de la mettre sur la face A. Dans le principe, on est pas loin de La même eau qui coule de Michel Sardou: la chanson dure plus de six minutes mais Sardou quitte le titre au milieu pour laisser la bande-orchestre se terminer gentiment. Néanmoins, ici, Voulzy fredonne un peu sur la fin et donne un côté encore un peu plus dynamique à ce joli ensemble. Jolie surprise.

 

Fiche technique:

Laurent Voulzy

Paris-Strasbourg (Part. 1 et 2)

RCA

1978

Paroles et musique:
A. Souchon / L. Voulzy

 

Et la chanson: Laurent Voulzy dans un show hispanique type Carpentier, avec une chorégraphie hiératique, des fringues psychédeliques et des acteurs dans le surjeu. Même si la qualité de la vidéo est très discutable, ce doncument est une page d'histoire en plus d'une vrai curiosité musicale et télévisuelle.