Sartre 1

 

Dans la grande histoire de la télévision et de Dorothée réunies, nous avons vécu des moments difficiles. Ce disque en est une des nombreuses preuves. Rappelez vous les mercredi des années 90: Dorothée qui crie "Bonjuuuuuur", Ariane nous vrille les nerfs avec son rire hystérique, des mots sont également dissociés ou répétés, on devine un fond vaguement rap, hip-hop; c'était bien sûr la base d'un des génériques du Club Dorothée à cette période. C'était également, il n'y a pas de hasard mais il y a toujours du recyclage, la base de la valise 91 (ninety one s'il vous plait, Dorothée est internationale).
Déjà, la version originale est crispante, ici on passe un palier avec cette volonté avortée de rajeunir ce titre. Entre Benny B et Pump up the jam de Technotronic, Porry et Salesses ont encore pillé la SACEM en toute simplicité.

La chanson parle peu ou prou de la même chose que d'habitude: Dorothée met des affaires dans sa valise. Toutefois, quelques modifications pas très utiles sont apportées ici dans la narration. Elle répète jusqu'à plus soif "Est-ce que c'est tout?", des choeurs lui répondent "Mais non" et ensuite on attaque avec le refrain. Cette répétition rappelle furieusement le rap des musclés qui d'ailleurs avait emprunté plus ou moins la même musique. Assurément, personne n'avait, n'a et n'aura jamais vu une telle inventivité et un tel culot dans l'art d'accomoder les restes, même les plus défraichis. Même Dorothée semble être à bout puisque, est-ce l'inconscient qui parle, elle semble amorcer un bras d'honneur sur la pochette.

Puisque le titre de la face A est en anglais, il paraissait logique que celui de la face B le soit aussi. Tout comme la face A, il n'y a que le titre qui soit dans la langue de John Lennon. A la première écoute (c'est à dire au moment où j'écris ces lignes), je me rends compte que le titre a été matraqué à l'époque et que tout ceci se rattache à des souvenirs d'enfance, donc ce n'est forcément pas désagréable.
La thématique est classique, chez Dorothée comme chez d'autres interprètes, c'est celle de la séparation géographique. La musique des couplets est vaguement repompé sur Ca donne envie de chanter publié quatre ans auparavant mais c'est bien moins horripilant, loin s'en faut, que la valise 91 qu'on imagine enfin abandonnée dans une gare, histoire que la brigade de déminage la fasse péter une bonne fois pour toutes.

 

Fiche technique:

Dorothée

Valise Ninety one / Do you dream of me

Paroles et musique:
J.F. Porry / G. Salesses

AB

1991

Et la chanson: La face A étant difficilement audible, voici la face B qui rend davantage hommage à ce que savait faire Dorothée, c'est à dire des chansons sans prétentions, des clips sans prétentions (deux mouvements de caméra est ce sera tout) soutenus par des participations sans prétentions (en l'occurence, trois des musclés au début du clip) mais toujours avec le sourire et dans une atmosphère rassurante.