Topaloff

Animateur radio, fantaisiste, humoriste, chanteur, quelquefois acteur dans de bons gros nanards et fréquemment pensionnaire de L'académie des neuf dans es années 80, Patrick Topaloff a eu une carrière bien remplie avant de mourir, ironie du sort, un triste week-end à la sortie d'une restaurant. il avait bien mangé et bien bu ce jour-là, peut-être un peu trop. Ca peut paraître bizarre mais je me souviens bien du dimanche où sa mort a été annoncée. Un de mes premiers 45 tours - l'un des membres fondateurs de ma collection - fut Où est ma chemise grise, parodie délirante par un Topaloff/Travolta déglingué et une Olivia Newton-Sim ahurissante. Depuis 1978, date de ce disque, ça allait moins bien pour lui. Il faudra attendre son retour dans la tournée Âge tendre pour que ça reparte pour lui... Entre-temps, quelques 45 tours comiques se succèderont dans les années 80, mais aussi celui qui nous intéresse ici, très déconnecté de son répertoire habituel.

Allain Turban est aux manettes. Il est connu principalement pour un titre, Santa Monicadisco et effréné. Il a sorti également quatre kilos de 45 tours qui ne sont, hélas pour lui, pas passés à la postérité... Et en écoutant ce disque, je me dis que c'est dommage.

Sur un air mélancolique, Topaloff parle du divorce, de la séparation. Il dialogue avec son fils - victime du divorce, tout comme son père apparemment. Les vacances sont leur seul rendez-vous. On reconnaît évidemment la voix du chanteur et même s'il en fait un peu beaucoup ("Viens... J'ai encore quelque chose à te dire"...), c'est tout de même une chanson particulièrement touchante. C'est une déclaration d'amour à un fils. Le texte est juste, bien écrit, plutôt réussi dans son parallélisme où l'interprète se retrouve dans son fils.
La pochette illustre très bien ce tournant plutôt raté commercialement dans la carrière de Topaloff: Des cabanes de plage défraîchies, un château de sable et un ballon de plage abandonnés, un Topaloff en mode clown démaquillé, l'air grave, le regard dans le vague, semblant attendre quelqu'un qui ne viendra pas. C'est du beau boulot.

Comme fréquemment, c'est sur la face B que j'ai trouvé encore plus de félicité. Véronique est une chanson à la gloire de Véronique Sanson. Dit comme ça, on peut croire qu'en écoutant la chanson, c'est évident. Pas du tout ! J'ai bien dû l'écouter une bonne demi-douzaine de fois - distraitement je l'avoue - avant de m'en rendre compte. Sur une musique très connotée années 80 mais particulièrement sympa (l'un n'empêche pas toujours l'autre), Topaloff et Allain Turban, qui en sont les auteurs, accumulent les références à la sublime chanteuse. On retrouve ainsi des allusions à ses albums ou ses chansons: Vancouver, Bernard Song, Bahia, Le maudit, Bouddha, Le temps est assassin ou Christopher, les références sont fort nombreuses et délectables pour tout fan de Sanson.

Le titre est réhaussé par la voix géniale de Topaloff qui sait la poser avec beaucoup de justesse. Ce titre est une vraie réussite et je me demande même pourquoi il n'a pas été mis en avant. Certes, la face A est réussie mais le petit exercice de style sur l'univers de Sanson vaut le détour.

 

Fiche technique:

Patrick Topaloff

Il est venu pour les vacances / Véronique

Carrere

1987

Paroles et musique:
Face A: A. Turban / C. Vallois
Face B: A. Turban / P. Topaloff / B. Estardy

 

Et la chanson: Véritablement, je hais ce type de montage mais c'est la seule version que j'ai pu trouver de la face A. Point de Véronique malheureusement...