Céline Dion

 

Après avoir écrit cette chronique, je me suis rendu compte qu'on pourrait faire le lien avec l'article très particulier qui précède. Sincèrement, ça n'a rien à voir. N'y voyez pas malice, n'y voyez aucun complot....

Pour cette première apparition de Céline Dion sur le blog des 45 tours, voici notre canadienne préférée période "en travaux".
Nous l'avions découverte au début des années 80, assez vilaine et mal fagotée. René et une horde de chirurgiens esthétiques plus tard, Céline se métamorphosa... mais il y eut du boulot, des larmes et des pétages de pommettes pour en arriver là.
Elle prend une apparence commune à celle qu'on lui connaît aujourd'hui à partir du début des années 90 avec Unison, album prévu à l'exportation anglophone (ceci explique cela). Bon, il reste l'intervention d'une bonne esthéticienne pour l'épilation sourcil et d'un coiffeur-visagiste, certes... mais que de métamorphoses...
En 1987, Céline sort ce 45 tours où elle apparaît en très gros plan dans un noir et blanc un peu délavé. C'est un an avant Ne partez pas sans moi, Grand prix Eurovision de la chanson. On peut remarquer d'ailleurs qu'entre 1987 et l'album Unison, si on regarde ces sourcils sur les différentes pochettes, la jachère de ses sourcils.

Débarrassons-nous rapidement de la face B, C'est pour toi. Ce titre est bel et bien un titre de remplissage pas désagréable mais pas passionnant non plus. Une déclaration d'amour basique, comme on en a entendu des tonnes depuis quelques siècles, constitue le texte pas très inspiré d'Eddy Marnay.
C'est pour toi passe vite malgré ses 4'02'' et permet de se demander si d'autres chanteuses n'auraient pas pu la chanter à la place de la québecoise mutante et ça, ce n'est pas bon signe. Mireille Mathieu? Oui, pourquoi pas. Julie Zennati? Lara Fabian? C'est un peu le même créneau. Et puis, paradoxalement, on est réveillé par le fait que Céline arrête tout à coup de crier pour laisser la place à la mélodie de François Orenn, compositeur de Linda De Suza, Daniel Guichard mais aussi ceci, assez classique pour ce genre de titres et plutôt réussie, il faut bien le dire.

C'est la face A qui est merveilleuse. Ecrite et composée par Didier Barbelivien, cette chanson assez érotique ma foi (c'est le cas de le dire) évoque une religieuse confrontée à ses désirs, à sa croyance et à ses moments de solitude.
Sur une musique construite de la même manière que Elle voulait jouer cabaret de Patricia Kaas, c'est à dire sur une rupture de tempo, Céline Dion nous prouve s'il le fallait qu'elle a une voix magnifique et qu'elle peut parcourir la gamme sans compexes.
Les paroles sont plutôt bien fichues. On retrouve cependant les marottes de Barbelivien comme par exemple, le mot "anonyme" qu'il a placé aussi dans "Je te survivrai" de Jean-Pierre François, La rivière de notre enfance de Michel Sardou et Garou ou encore Thank you satan dans son propre répertoire. Je pense aussi au champ lexical aquatique apparaissant ici sans qu'on ne comprenne bien pourquoi. On le retrouve dans bon nombre de ses titres (ici, ici ou encore )  Soyons honnêtes, il y a également de belles trouvailles comme "de l'autre côté de ce mur / il y a du soleil, de la vie / il y a des lèvres qui murmurent / à des lèvres assoiffées d'envie."

Cette chanson ne fut pas un énorme succès et mériterait sincèrement d'être découverte. Céline Dion ayant eu une carrière par épisode, il est vrai que les périodes placées avant 1995 ont été un peu injustement oubliées.

Fiche technique:

Céline Dion

La religieuse / C'est pour toi

Carrere

1987

Paroles et musique:
Face A: D. Barbelivien
Face B: Eddy Marnay / F. Orenn

Et la chanson : Présentée par l'indéboulonnable Michel Drucker, Céline Dion chante sur playback orchestre, avec une choucroute presque rousse mais des fringues pas mal pour l'époque.