Sinitta

 

Dans les années 80, un trio brillant sévit dans les maisons de disques. Il s'agit de Stock, Aitken et Waterman, plus connu sous l'acronyme SAW (rien à voir avec le film d'horreur, quoique...). Durant presque dix ans, ils vont composer pour moults artistes dont le seul point commun est de n'avoir pas véritablement survécu aux eighties.

Jugez plutôt: Rick Astley, Debbie Harris (leader de Blondie), Mel and Kim, Sabrina mais aussi Jason Donovan, rien que ça. On peut également ajouter à cette longue liste de disparus sur le champ des étoiles filantes, quelques exceptions comme Elton John, Paul Mac Cartney et bien entendu, Kylie Minogue. Les trophées de chasse sont donc nombreux pour le trio et la musique particulièrement calibrée. On y retrouve des rythmes syncopés et des synthés moitié-fous.
Néanmoins, il serait dommage de cracher dans la soupe, tous ces titres ont été des tubes et sont témoins d'une période musicale pas si inutile que ça à bien y regarder, puisqu'elle a permis aussi d'amener la dance au début des années 90. La musique se meut au fil des années et SAW fut l'une des modestes pierres dans cet édifice. Too many broken hearts ou la reprise de Venus des Schoking Blue par les Bananarama n'ont pas à rougir, loin de là, de certains "tubes" peu exhaltants que l'on entend aujourd'hui sur les FM.

SAW s'est s'est donc penché sur le berceau de Sinitta - oui parce qu'il faut bien en parler, c'est ce 45 tours qui nous intéresse. Cette jeune mariée souriante et court-vêtue sur la pochette de I don't believe in miracles est en réalité la nièce d'Amii Stewart, Madame "Knock on Wood" mais n'a pas forcément mené la même carrière qu'une autre nièce célèbre, Whitney Houston qui elle, avait comme tata Dionne Warwick.

Sa carrière musicale s'étiole vite fait puisqu'à l'aurore des années 90, elle ne vend plus véritablement et se tourne vers une carrière hasardeuse de comédienne au cinéma et à la télévision et ce, de manière fort épisodique. Depuis les années 2000, elle surfe sur la vague X-factor, certainement grâce à son ancien producteur Simon Cowell. Elle intervient dans la seconde partie des saisons, au moment du coaching.

Là, vous vous dites, mais pourquoi ne nous parle t-il toujours pas du 45 tours? J'arrive... mais ne vous emballez pas, ça sera rapide. La face B n'est ni plus ni moins que l'instrumental de la face A. Elle aurait tout à fait pu être le générique de fin d'un vague teen-movie de 1988 ou 1990, lorgnant sur Flashdance.

I don't believe in miracles commence par les fameuses percussions pêchues, signature indélébile de SAW. On semble entendre des choeurs chantés en latin (je crois avoir entendu "spiritus") puis Sinitta attaque sa prestation.
Rien à dire, c'est propre, c'est formaté, c'est même agréable à bien y regarder. Il n'y a pas vraiment de surprises, et c'est bien ça que l'on pourrait reprocher à ce disque. Produit directement destiné aux discothèques, le but n'est pas de se pencher sur le sens des paroles: il est parti, elle peut faire des efforts s'il revient mais elle ne croit pas aux miracles. Voilà, on a fait le tour... N'empêche, c'est bien construit, c'est efficace et ça ressemble furieusement à plein d'autres chansons entendues à l'époque.

 

Fiche technique:

Sinitta

I don't believe in miracles / Instrumental

Fanfare records

1988

Paroles et musique:
SAW

Et la chanson: En playback total, bien maîtrisé d'ailleurs, la prestation télé de Sinitta (à Top of the Pop apparemment) nous montre qu'elle été programmée pour être un clone de Whitney Houston, en infiniment plus dance, option adolescentes s'habillant avec des couleurs vives.