Karen Cheryl

Lors des bêtisers de fin d'année, quelques incontournables apparaissent forcément. On retrouve invariablement Denise Fabre et Garcimore en perdition, l'autruche qui hurle derrière le 4*4 d'un journaliste mi-effrayé, mi-hilare ou encore Valérie Maurice et son attache-caravane suggestive chez Olivier Minne. On trouve également cette prestation efficace de Karen Cheryl sur la chanson qui nous intéresse aujourd'hui. Comme une vraie Sheila Disco, Karen assure une chorégraphie gesticulante tout en faisant un playback honorable dans Sacrée Soirée... Mais Jean-Pierre Foucault a laissé ses phantasmes le rattraper, est parti en roue libre, enfin on ne sait pas trop... Toujours est-il qu'il a rippé sur le titre et qu'il a dit, sous le regard lubrique de Jacques Dutronc 'A bientôt Karen Cheryl,... par devant... par derrière..."


C'est injuste de se souvenir seulement de ce petit incident sans conséquences car la chanson en elle-même est vraiment réussie. Rythme très entraînant, voix toujours aussi parfaite de Karen (même si on peut lui reprocher une certaine peur du direct. En effet, impossible de trouver une prestation d'elle sans playback) et des paroles un peu étranges sur lesquelles je m'en vais me pencher.

Sur des vers souvent très courts, Karen Cheryl évoque le thème ultra classique de l'amour-séparation. elle-même l'a déjà fait dans Séparation provisoire sur son très bon album de 1982. Les assonances en "oi", un jeu sur les mots "toi" et "moi", des rejets permettant la mise en valeur de certains jeu de mots assez clairs "Moi/ dans mon émoi" ou pas clairs du tout ("Un poisson / chat dans son bocal") font de ce titre un morceau pas facile à chanter mais aussi un texte aride aux premiers abords mais plutôt artificiel à bien y regarder. Aux manettes, on retrouve un compositeur au nom très rigolo, Jean-Claude Chachaty, qui écrira l'année suivante l'entêtant Belle comme Isabelle de Midi V. Aux paroles, c'est Françoise Castellani. Quelques années plus tard, on l'a retrouvera avec le même type de texte truffés de jeux de mots, mais cette fois, c'est elle qui chantera... Il s'agit de Sara Mandiano.

En face B, on retrouve Via Addis-Abeba. Cette chanson écrite par Sophia Morizet, la soeur de Karen Cheryl. J'ai découvert cette chanson très tardivement, grâce à une compil (en téléchargement légal évidemment) de chansons enregistrées par la chanteuse durant la deuxième moitié de la décennie 80. Force est de constater qu'après avoir écouter jusqu'à plus soif A l'envers, à l'endroit, j'ai embrayé avec ce sublime titre. La gourmandise a été d'autant plus décuplée que le titre aux inspirations exotiques et les paroles très simples mais très belles m'ont immédiatement emmenées très loin. Je n'irai pas jusqu'à dire que la face B est meilleure que la face A. Je me contenterai de dire qu'elles se valent même si elles sont difficilement conparables.

Sur la pochette, on remarque - outre les vestiges de l'ancien propriétaire qui a noté la date d'achat du disque - l'énième changement de look de Karen Cheryl, passée de la petite fille sage (modèle Mademoiselle), à la reine du disco (modèle Sheila B. Devotion) puis à la chanteuse coeupine pour enfants (modèle hypride Dorothée vs Douchka) pour enfin adopter un style difficilement définissable entre la vamp et la pro de la danse, une sorte de Liza Minnelli qui aurait pris des psychotropes.

 

Fiche technique:

Karen Cheryl

A l'envers, à l'endroit / Via Addis-abeba

Polydor

1987

Paroles et musique
Face A: F. Castellani / J.C. Chachaty
Face B: S. Morizet

Et la chanson: Pour éviter de faire redite, voici une prestation maritime de Karen Cheryl en marinière (logique), avec des images de couchers de soleil sur la mer (très logique) et regards presque épileptiques vers la mer, parce qu'on parle tout de même de séparation (y a pas plus logique).