Richard Anthony

Au commencement, il y avait une comédie musicale crée en 1978 par Andrew Lloyd Weber. Vous savez Andrew Lloyd Weber? Le compositeur star - avec Tim Rice - des grands shows américains, dont on connait le nom en France car il constitue un running gag dans Une nounou d'enfer? En effet, Monsieur Shefield n'avait pas cru à Cats et avait donc refusé de le produire, ce qui reste la plus grande défaite de sa carrière. Le tube phare de Cats, c'est bien sûr Memory, popularisée par Barbra Streisand mais interprétée à l'origine par Elaine Page, dont la réputation n'aura pas dépassée l'Atlantique. Vu le succès, il aurait été surprenant de ne pas connaître une version française de ce tube.

Ce fut le cas par deux fois. L'indéboulonnable Mireille Mathieu nous en offre une relecture sous le titre Nos souvenirs en 1982. La même année, c'est Richard Anthony, très barbu et très ventru, qui tente sa chance et un retour sur le devant de la scène avec une adaptation signée Claude Lemesle et intitulée Minuit.
Il est amusant de constater que sur le verso de la pochette, l'éditeur a tenu à préciser: "d'après le texte original anglais". Nous le croyons sur parole mais on va quand même vérifier.

Envolée lyrique dès le départ, le ton est donné. La douce voix de Richard Anthony attaque un texte plein d'espérance, de nostalgie et de dépit amoureux. C'est donc une oeuvre standardisée qui nous est proposé. Il n'empêche que c'est une reprise, sans étincelles et sans fulgurances, mais une reprise sympathique.
L'instrumental est accompagné de discrets choeurs sur le tout petit pont. Richard Anthony prend une voix plus grave avant d'attaquer le final avec des aigüs plus présents. Après écoute, il est certain que la locution prépositionnelle "d'après" se justifie largement. Bien que je ne sois pas un anglophone tout terrain, il ne me semble pas que la traduction française soit si fidèle que ça.

La face B propose la version en anglais. Etrangement, je comprends très bien le texte en anglais quand c'est le père tranquille du twist qui le propose. Oserai-je avancer ici que son accent anglais n'est pas extraordinaire?
Je dois bien avouer aussi que je me suis quelque peu rué sur cette face B, curieux d'entendre Richard Anthony bramer "Touuuuuuuch me" comme le faisait Barbra Streisand dans la version originale. Si un passage de la chanson me fait vibrer, c'est bien celui-ci. Et puis, entendre Richard Anthony crier une injonction aussi féminine, ça me faisait rire d'avance.
Je suis contraint de confirmer qu'il est bien moins éclatant que celui de Streisand mais il fait son petit effet, le vertige du décalage j'imagine.

 

Fiche technique:

Richard Anthony

Minuit / Memory

EMI

1982

Paroles et musique:
Face A: A.L. Webber / T.S. Eliot / T. Nunn / C. Lemesle
Face B: A.L. Webber / T.S. Eliot / T. Nunn

Et la chanson: En playback orchestre - peut-être en playback total mais si c'est le cas, c'est super bien fait - Richard Anthony livre une prestation assise sur le plateau de Michel Drucker.