Carlos

 Sur le blog des 45 tours, Carlos revient très fréquemment. Son côté, sympa, bonhomme et la fantaisie, la diversité de son répertoire me pousse régulièrement à le chroniquer. Doublement poussé oserai-je pour le coup car quand il se commet dans la reprise approximative, on touche au sublime. Dès la pochette, où l'on aperçoit un Carlos demi-nu et tripotant son exotique et long instrument à cordes au milieu de tahitiens qui n'en demandaient pas tant, on préssent le carnage.

A l'origine de cette chanson, une autre chanson interprétée par le groupe Art Company. Cette formation néerlandaise nous proposait une chanson pas loin du taux d'alcool autorisé, enjouée et en public. Sur cette histoire d'amour racontée par un prétendant très timide (dans le texte), nos camarades élevés à la Heineken proposent une interprétation clairement en contre-pied... mais ce n'est rien à côté de notre Carlos adoré.

Le public est remplacé par des choeurs qui jouent un public. Je sais, c'est étrange. Carlos fait le portrait d'une fille nommée Susanna qui a des moeurs apparemment dissolues ("C'est une mêlée de rugby, notre amour"), insatiable ("Mon dodo, c'est ton dada") et qui - essentiellement - dit n'importe quoi. Le but non avoué de cette reprise est de surfer sur la vague de ce très gros succès de l'année 1984. Les paroles de Claude Lemesle et de Jean-Pierre Lang (oui, ils s'y sont mis à deux) ne valent pas grand chose et l'ensemble est sauvé par l'interprétation enjouée de l'inusable interprète du Tirelipimpon et de l'instrumental dont on a quasiment pas changé un arrangement.

Vous auriez facilement la possibilité de dire qu'il faut prendre cette chanson pour ce qu'elle est, c'est à dire une parodie ou une chanson légère. Certes, mais faire de la chanson souriante n'est pas une excuse pour saloper le travail. Technique paresseuse, paroles incongrues, Carlos nous a habitué à mieux, même en face B.

L'arrière du disque est occupé par une chanson semblant être une sorte de danse de l'été à laquelle on n'a pas cru depuis le début, à juste titre. Le Kankondanse réunit Jean-Pierre Lang à l'écriture et Bernard Estardy, le magicien de la table de mixage, à la musique. Après un début lent assuré par des choeurs féminins, on retrouve la jolie voix de Carlos raisonnant comme un message engagé contre la musique formatée, mais pas longtemps... L'espace de deux vers... Ensuite, ça ressemble à la Bande à Basile, c'est loin d'être désagréable, les paroles ne veulent strictement rien dire et ça remplit avantageusement une face B de 45 tours.

 

Fiche technique:

Carlos

Baby Bla-Bla (Susanna) / Le Kankondanse

EMI

1984

Paroles et musique:
Face A: C. Lemesle / J.P. Lang (pour l'adaptation)
Face B: J.P. Lang / B. Estardy

Et la chanson: Pas de prestation télévisuelle et on le regrette bien. Nous nous limiterons à fixer cette pochette magnifique le temps d'écouter jusqu'au bout (c'est votre challenge) la face A.