Viva les bleus

 

N'y connaissant strictement rien au foot, cette chronique ne se bornera (et c'est tant mieux...) qu'au versant strictement artistique de ce disque. Bon, d'accord, si on se limite juste à ça, on pourrait légitimement penser que ça ira vite.

Effectivement, mettons de côté tout le contexte sportif de 1986 que je ne connais pas, tous les footballeurs dont je me fout royalement, tous les matches de cette coupe du monde dont je me bats l'oeil avec souplesse et il reste... une pochette.

Une équipe de variétés et de rêves s'offrent à nos oreilles repues de qualité. Dans ce onze mondial, on retrouve les artistes Trema (Macias, Amont, Michel Boujenah... mais pas Michel Sardou... ça aurait eu de la gueule.) mais aussi des chanteurs confirmés (Herbert Léonard, Carlos, Barbelivien et Distel) et des amuseurs publics très populaires en ce milieu des années 80 en la personne de Patrick Sébastien et en la personne de Sim. Et le onzième me direz-vous? Mais c'est moi! C'est toi, lecteur! C'est nous tous, c'est l'universalité de celui qui veut!
Un point juridique cependant convient d'être posé ici... C'est pour chanter ou c'est pour jouer? Si c'est pour jouer, ça va être vraiment compliqué. Comme je le précisai plus haut, je n'y connais rien et mes rares expériences footballistiques se résument à mater placidement la final de la coupe du monde 98 sans jamais y prendre aucun plaisir et à prendre une position foetale il y a bien 25 ans de ça après un choc sphéro-génital... mais je vais me permettre d'y jeter un voile pudique... Tout va bien de ce côté là désormais, merci pour moi.

La chanson a été écrite par quatre personnes, ce qui me laisse pantois. Ainsi, on peut rester circonspect à l'écoute d'un Marcel Amont qui fait la poule, d'un Barbelivien qui a bien choisi sa partie puisqu'il nous propose un magnifique lieu commun sur le Mexique ("Au pays du soleil et des mariachis"), ce qui permet de ne pas être dépaysé par rapport à ce qu'il nous propose habituellement, d'un Patrick Sébastien qui imite entre autres Bourvil.
Attention, ne pensez pas à mal. Le titre en lui-même accroche et n'est pas antipathique mais c'est un peu en dessous de ce que j'appelerai de la variété: c'est davantage du placement de produits (les chanteurs) sur une tête de gondole affriolante (la coupe du monde 86) que la prétention de faire de la bonne musique. Les artistes appelés à la rescousse viennent déconner derrière un micro et, à l'époque où des groupes d'artistes chantent en ligue et en procession pour défendre des causes justes et fort caricatives, on ne peut que saluer le fait qu'ils assument entièrement leur entreprise commerciale.

La face B est un remplissage. J'en ai vu du remplissage mais là, je pense que nous touchons vraiment au graal du remplissage. L'instrumental en question fleure bon les années 80. Vous savez, ces musiques qui servaient à l'époque sur TF1 en cas de comblage ou pour les résultats du tapis vert après la météo? (Oooooh, je suis tombé sur une vieille cassette vidéo la dernière fois, et il y avait les résultats du tapis vert, ça m'a fichu un coup) Et bien là, c'est la même chose. J'ai la tentation irraisonnée de l'utiliser comme fond dans mon émission de radio (Face Bis sur Fajet - 94.2FM sur Nancy et sa région mais aussi sur le site www.fajet.net - le jeudi de 17h30 à 18h) mais jamais je ne pensai un jour tomber sur une telle face B; Preuve, s'il en fallait une de plus, que nous sommes bien face à un plan marketing.

 

Fiche technique:

Viva les bleus

Viva les bleus / Foot-Footy

Trema

1986

Paroles et musique:
Face A: T. Geoffroy / C. Loigerot / S. Lebel / C. Lemesle
Face B: J.P. Goussaud / C. Piget

Et la chanson: Oh le clip, le cliiiiiiip: Inserts de matchs de foot, playback dans des studios, ambiance de potes, torture de Sim avec un ballon de foot, joie excessive des protagonistes comme si leurs vies en dépendaient. La chanson est cultissime, la vidéo est à l'avenant. J'en viendrai à aimer le foot.