Dorothée

Ce soir, c'est la belleuh nuit de Noeeeeeeeel, comme le chantait l'ancêtre Tino Rossi. Cependant, et vous le savez, notre vieux corse n'a pas le monopole des chants de fin d'année. Beaucoup e sont engouffrés et s'engouffrent encore dans le lucratif marché de la chanson commercialo-religieuse. Dorothée ne fut pas la dernière durant son heure de gloire et elle s'en sortait plutôt bien.

Ce 45 tours est un joli concept de livre-disque. Pas de surplus ici, ni de niaiseries fatigantes. Le 45 tours comporte un livret illustré par Gédébé, prédécesseur de Cabu dans l'exercice, et se limite à des petits dessins tout mignons, des paroles de chansons et même des portées pour pouvoir jouer soi-même les chansons. C'est élégant et bien fichu. Sur la pochette, Dorothée semble se peler mais sourit toujours dans son anorak jaune canari, pas idiot de porter un machin pareil par gros temps. Elle est incrustée dans un dessin tout droit repompée sur un vieux Disney (on est AB productions ou on ne l'est pas). On retrouve le graphisme du nom de la chanteuse, la marque du disque, le sigle de son ancienne chaîne et le nom de la fameuse collection de disque où s'était fourvoyée l'équipe de Récré A2, Le jardin des chansons.

Concernant les chansons, il y en a cinq. Mon 45 tours étant passablement abimé, cela donne une impression années 50 tout à fait charmante... mais l'orchestration aussi. C'est un peu simpliste mais terriblement efficace. La voix de Dorothée est plus pure, moins nasillarde, le rythme de Vive le vent est quelque peu acceléré, ce qui donne l'impression qu'elle cherche à expédier le titre. La marche des rois devient Les rois mages, ce qui peut tromper le chalan de base... L'explication me semble simple: les paroles sont quelque peu modifiées par rapport à la version du Tino, ce qui implique une légère modification de titre pour en faire une création originale. Autre preuve s'il en fallait, le titre n'est carrément pas crédité, ni sur le disque, ni sur la pochette.
Mon beau sapin est doublée sur le refrain par des choeurs féminins - on jurerait d'ailleurs entendre Ariane - et donne un ensemble plutôt réussi, en accord avec l'ambiance neigeuse de la période.

En face B,l'inoxydable Douce nuit, sainte nuit sur des paroles de Michel Jourdan, donc là aussi modifiée par rapport à l'original. L'ambiance guirlande et sapin qui brille est toujours aussi parfaite. Il n'y a pas à dire, la voix de Dorothée colle à la perfection à ce genre de chansons... il suffit qu'elle ne force pas trop. J'ai gardé, et le 45 tours aussi, le meilleur pour la fin. Noël Blanc est certainement la meilleure de ce disque. Un bien joli final avec une orchestration un peu moins tsoin tsoin que Vive le vent par exemple me fait dire que ce bouquet de chansons est vraiment une réussite.

A noter ici, pour le puristes, que Dorothée réenregistrera une douzaine d'années plus tard ce Noël blanc avec l'intonation qu'on lui a connu et que j'évoquai avant. Alors oui, il y a davantage de puissance et de rythme, on retrouve la Dorothée qu'on connaît et qu'on aime, c'est moins soporiphique mais Dorothée sans effets, ça a aussi beaucoup de charme.

Fiche technique:

Dorothée

Vive le vent / Les rois mages / Mon beau sapin / Douce nuit, sainte nuit / Noël blanc

AB

1982

Paroles et musique:
A1: F. Blanche / R. Malbot
A2: Non crédité
A3: Non crédité
B1: M. Jourdan (paroles)
B2: F. Blanche / I. Berlin

Et la chanson: Même concept que sur la pochette. Dorothée est incrustée dans des dessins, déguisée en Columbo dans un premier temps. C'est charmant.