Roy Robinson

Tel un fan de chocolat lâché dans une usine de M&M's, il va falloir que je me maîtrise. Ce disque est un eldorado, une merveille, un moment de bonheur inattendu, croisé hier lorsque, profitant de mes vacances, je rangeai ma discothèque.
Pour tout dire, je connaissais cette pochette mais pas ce qu'on pouvait entendre sur le disque, nous allons y revenir. D'ailleurs, je m'étonne d'avoir occulté cette oeuvre d'art subversive aussi longtemps, j'aurai du la chroniquer depuis des semaines, tant la puissance comique de cette photo saute au paf... pardon, aux yeux. Psychologiquement, est-ce que ça se soigne?

Comment un producteur a t-il pu laisser faire une chose pareille? Que le chanteur ait l'air préoccupé sur la photo, mal dans sa peau, passons. Vu sa coupe de cheveux, on peut largement être en empathie avec lui. Mais qu'est ce qui leur a pris de placer cette jeune fille blonde, de dos, à genoux devant sa braguette? J'admets volontiers avoir un esprit tourné vers la gaudriole, voire le scabreux; mais ici je défie quiconque d'y voir autre chose qu'une pratique buccale couramment désignée sous le nom de pipe. Si on y ajoute le "V" que dessine la photo et qui rappelle un corsage et le titre invitant à y rester toute la nuit, il est évident que tout ceci est bien orienté. Non?

Dernière petite précision, il est difficile de trouver des informations sur Roy Robinson. A une inversion de lettres près, il est le parfait homonyme de l'interprète de Pretty woman. J'ai beaucoup de mal à croire que la ressemblance patronymique soit fortuite ici. Heureusement, le crime ne paie pas puisque personne ou presque ne se rappelle de cette chanson.

Concernant la musique, c'est moins excitant. Stay thru the night est le titre vedette. L'intro ressemble un peu à ce que faisait Christopher Cross à cette époque, le voix n'est pas désagréable, un peu éraillée, un peu comme Rod Stewart. Le titre est rock comme on en a entendu des milliers. La chanson est plutôt entrainante, donne envie de fredonner mais il est compliqué de retenir l'air plus d'un quart d'heure. C'est véritablement de la musique de supermarché basique, sans aspérité, sans ambition, sans volonté de marquer son temps. Ca ressemble aussi un peu à ce que faisait David Hasselhoff à la fin des années 80. Rien de très excitant donc.

Sur la face B, All my life utilise exactement la même recette, en plus lent: sirupeux, inoffensif. la chanson aurait -  à l'aise - pu servir de générique de fin pour Santa Barbara... Voilà ! C'est ça ! Ce disque est une sorte de soap transposé à la musique, une sorte de film érotique soft transposé à la pochette de disques.

 

Fiche technique:

Roy Robinson

Stay thru the night /All my life

PM records

1983

Paroles et musique:
Face A: J. Bolden / R. Robinson
Face B: T. Nilsson / R. Robinson

 

Et la chanson: Pas de clip, ni de prestation télé, la vidéo propose une version maxi 45 tours, comme la désormais légendaire pochette en atteste.