Village People

L'année 1989 fut, comme nous l'avions déjà précisé ici, une année à megamixes. Les Village People sont en bout de course depuis maintenant quelques années et les tournées quelquefois fauchées aux USA, misant tout sur une éventuelle nostalgie, s'enfilent les unes derrière les autres... Enfin, vous voyez ce que je veux dire. Signe que plus rien ne va: ce n'est plus la grosse maison Barclay qui produit à cette époque ce megamix des Village People mais une modeste filiale de Polygram, Touch of gold.

Le problème, c'est qu'en 1989, faire un megamix consistait au pire à bousiller les morceaux populaires d'un répertoire, au mieux à faire une répétition de sons, comme un CD rayé, comme si l'ingénieur du son faisait une crise d'épilepsie carabinée. Ici, les morceau de bravoure des six mâles plus ou moins sexy des Village people s'emboîtent (si, si,...) dans un vieux son très années 80, aux enchaînements un peu faciles.

Ainsi, YMCA et In the navy ont le droit à une transition dans le plus pur style du générique de Ciel mon mardi, puis ce sont des cris assurément testostéronés qui permettent l'arrivée du génialissime San Francisco mais le plus grave arrive: Macho man et Can't stop the music sont à peine évoqués. Et pour cause ! ces deux titres sont à l'époque clairement tombés en désuétude donc quel est l'intérêt de les diffuser longuement? Ce n'est pas sur eux que l'on fera de la vente. Il est important ici de faire une petite remarque: Can't stop the music bénéficie d'un autre lead voice. En 1980, lorsque le cultissime film du même nom sort à la gloire des Village People, Victor Willis qui est l'interprète des grands succès du groupe, est déjà parti pour de nouvelles aventures, remplacé par le plus aigu Ray Simpson.

En face B, on pouvait s'attendre - comme l'annonce le verso de la pochette - à une gentille reprise de YMCA. Que nenni ! C'est bel et bien un remix de l'énormissime tube des six travailleurs acharnés. Plus exactement, on retrouve le principe de la déstructuration déjà évoqué ici. Après une intro longue comme un jour sans poppers, le classique arrive enfin avec une réorchestration pas top. L'effet rassembleur est passablement atténué par le fouilli de cette nouvelle version, sans âme. Comme cette Petula Clark reliftée dont nous avions déjà parlée, mais dépourvue totalement de talent, les Village people reviennent cette année-là avec des restes tout de même bien mieux accomodés dans le remix de San Francisco que je recherche d'ailleurs depuis longtemps maintenant.

 

Fiche technique:

Les Village People

Megamix / YMCA (version 1989)

Touch of gold

1989

Paroles et musique:
Face A: J. Morali / H. Belolo / V. Willis / B. Whitehead / P. Hurtt
Face B: J. Morali / H. Belolo / V. Willis

 

Et la chanson: Et là, on se rend compte que le petit indien (interprété par Felipe Rose) si mignon avant est devenu une sorte de clone du chanteur de Boney M avec un plumeau sur la tête... Les deux blacks restent carrément sexy mais le clip... Des Village People fatigués sur un fond bleu qui en dit long, des oeillades tellement pathétiques qu'elles en deviennent obsènes et une séquence hilarante sur In the navy avec traction des genoux pour le chanteur, petits drapeaux pour les autres et images d'archives de marins américains aux costumes fort moulants. C'est très drôle mais était-ce voulu?