Début de soirée

C'est donc la semaine de rentrée pour le blog et bientôt, c'est la rentrée des classes alors quoi de mieux qu'un jardin d'enfants pour reprendre doucement? Ce 45 tours est le troisième et dernier gros succès produit par ce duo alors en perte de vitesse.
Après Nuit de folie, La vie la nuit (copie conforme du premier si on y regarde bien), cette chanson tranchait clairement avec la trajectoire adoptée par le duo. La pochette, elle aussi, diffère beaucoup. Pris en photo de plus près, avec une coloration bleue nostalgie, les deux chanteurs de Début de soirée semblent ne pas poser et celui de gauche (Sacha ou William, je ne sais jamais qui est qui) est rêveur, comme s'il savait déjà que juste après, ça allait foirer et que plus personne n'acheterait jamais leurs disques.

Pourtant, Jardins d'enfants est certainement le meilleur des trois simples connus sorti par le duo: le changement de rythme assumé, la diction toujours très rapide comme un slam avant la lettre étaient de bons ingrédients pour un vrai gros tube. La chanson est toujours joliment écrite car il faut bien dire que le texte est recherché et que les effets sont assez réussis. Aux commandes, on retrouve William et Sacha, mais aussi Claude Mainguy et Guy Matteoni qui ont tous les deux la particularité d'avoir été chanteurs avant de faire une carrière en tant qu'auteurs-compositeurs. Le premier a écrit pour Dave, Marcel Amont ou Régine des titres très secondaires et a été de tous les 45 tours de Début de soirée, tout comme le deuxième, un poil plus connu, que nous avons déjà croisé sur ce blog ici et ici.

Mais de quoi ça parle au juste? Bonne question. Peut-être de nostalgie, du bonheur que c'était de ne pas à avoir de gros soucis... Sincèrement, ce n'est pas clair. J'aime beaucoup cette chanson et je trouve les paroles jolies mais on ne peut pas dire que ça raconte véritablement une histoire. C'est plutôt un état d'esprit qui est relaté et les choeurs d'enfants qui se répètent évoquent clairement cet âge insouciant qu'on finit toujours par regretter.

La face B est expérimental. Crocodiles cauchemar est réalisé sur une base reggae, à mi-chemin entre la Compagnie créole et la Bande à Basile. Comme pour la face A, c'est un titre très étrange qui ne colle vraiment pas du tout à ce qu'on connaissait d'eux. Les deux faces ont décidément beaucoup de points communs puisque côté compréhension, c'est encore plus incompréhensible que pour la chanson mise en avant par le label. Ca ne raconte rien sauf une forme de crocodilophobie chargée de soutenir à bout de bras une chanson très mineure, méritant d'être perdue sur un album et d'être gentiment oubliée. On croirait du mauvais Henri Salvador ou un sous-Panique sur la plage pour ceux qui connaissent cette chanson de Thierry Hazard. Le déséquilibre est donc très important mais les paroles sont obscures, que ce soit sur cette face B ou sur la face A.

 

Fiche technique:

Début de soirée

Jardins d'enfants / Crocodiles cauchemar

CBS

1989

Paroles et musique:
W. Picard / G. Matteoni / C. Mainguy / S. Pichot

 

Et la chanson: Comme je le précisai plus haut, on ne sait jamais qui est William, qui est Sacha, mais ce qu'on peut remarquer ici, c'est que ce sont de très mauvais acteurs. Ils semblent tétanisés par la caméra, cherchant à tout prix à éviter de croiser du regard la caméra pour faire naturel. C'est toutefois charmant même si on cherche toujours le jardin d'enfants dans ce clip tourné à Montmartre avec des  figurants qui se donnent davantage que les interprètes.